Archives de mars 2008
Gen(ch’)timent

J’ai vu « Bienvenue chez les ch’tis » hier soir.
Le carton du moment.
En passe de détrôner Titanic et La Grande Vadrouille sur la liste des meilleures entrées en France.
Heureusement, j’avais pas lu les critiques avant.
Florilège…:
- Les inrockuptibles:
Une mauvaise comédie pourtant fréquentable.
Pourquoi, malgré sa nullité, Bienvenue… reste-t-il infiniment plus fréquentable que les comédies rances de Jugnot ou Krawczyk ? C’est que chez Boon, le cliché est un point de départ vers une loufoquerie louable, et non une prison qui enserre les personnages dans un idéal passéiste et cocardier.- Libération:
un film franchouillard qui vient prêter main-forte à Astérix.
- Premiere.fr:
un enchaînement de gags grotesques
Au début (très réussi), Boon enchaîne les situations grotesques, voire appuyées, épingle les préjugés de « l’expatrié » et la candeur de « l’autochtone »- L’humanité:
un scénario faiblard
Faute d’exigences scénaristiques, le film déroule plusieurs de ces moments sans rebondissements majeurs et reste, à cet égard, à la surface des chosesTelerama:
Une accumulation de clichés éculés.
Bienvenue dans le petit monde de Dany Boon, version septentrionale de la crèche, avec ses figures pimpantes soigneusement peintes aux couleurs locales : le facteur et carillonneur, le vendeur de frites, la ménagère bougonne au grand cœur… Si on ajoute les géants, la carbonnade, le RC Lens et la fameuse chaleur des gens-du-Nord, ce portrait de Ch’tis dans leur écrin de briques rouges peut sembler un poil chargé.- – - – - – - – -
Un amoureux du cinéma, qui lit la presse spécialisée n’avait donc aucune chance d’aller voir ce film.
Mais les autres y sont allés, certains même plusieurs fois.
Pourquoi?
Ce n’est pas que les critiques aient été spécialement injustes. C’est vrai, le film est rempli de clichés lourdement appuyés, les personnages ne sont pas fouillés, les situations s’enchaînent avec invraisemblance. J’ajouterais même que la mise en scène est insipide et la musique douteuse.
Alors? Pourquoi les foules accourent-elles?
Pas seulement parce que c’est drôle.
D’abord, il y a les acteurs, et en premier, Kad Merad.
Ce Kad est trop sympa. On y croit au gars un peu lâche, un peu paumé, écrasé par sa femme et qui se retrouve muté dans le Nord à cause d’une connerie. C’est vrai que ça va un peu vite son intégration, (un bon 10 minutes) mais on est avec lui quand-même, ça fait tellement plaisir de le voir content.
C’est là que les critiques ont dû décrocher.
Normalement, les emmerdes auraient dû continuer, c’est comme ça dans les films comiques, le héros en prend plein la gueule pendant 1h30 et nous on se marre.
Mais là non, et c’est je crois, l’originalité du film qui vaut à Dany Boon un succès historique.
La suite, c’est la mélodie du bonheur, en plus rigolo.
Dans le Nord, tout le monde est super gentil, mais vraiment, et hyper solidaire, comme une grande famille.
Et puis, personne n’a de problème d’argent, ni de santé, il n’y a pas d’égoïstes, de mesquins, d’envieux, de racistes, pas de délinquants, pas de patrons exploiteurs, d’ouvriers opprimés, pas de conflits à cause de la religion ou de la politique…
Ils sont bien tous un peu alcoolo, mais ça les rend encore plus sympa.
Le seul ressort du film, à part la découverte du Nord, ce sont les histoires d’amour des deux héros. Petites ombres au tableau idyllique, elles finiront, sans qu’on ait eu vraiment à gravement s’en inquiéter, par disparaître sous le doux soleil de Bègues.
Même dans Cendrillon ou Blanche-Neige, il y a un très gros méchant qui permet de faire rebondir l’action. Boon, lui, fait un conte où tout est beau, où il y a juste ce qu’il faut d’emmerdes pour pouvoir se marrer et avoir une happy-end (faut bien que quelques choses aillent mal pour qu’elles puissent s’arranger à la fin). Mais Dany Boon y a mis la dose minimale, comme à regret.
C’est que le but n’était pas de faire seulement un film comique, mais aussi de valoriser une région qui a mauvaise réputation. En forçant le trait à outrance, en faisant de Bègue un village idéalisé, le film sort du réalisme et entre insensiblement dans le récit mythique.
Une région entière se mobilise aujourd’hui autour de ce récit qui la met dans la lumière.
Dany Boon, c’est Disney chez les ch’tis, le village dans les nuages du Pas-de-Calais, très loin de Zola ou Ken Loach.
Quinze millions d’entrées en un mois pour un peu de féerie, pour le rêve d’un voisin sympa…
Lectures
5 avril 2008
J’ai fait une liste de livres; un peu mes chouchous, mais avec la règle de ne mettre qu’un livre par auteur.
Ils sont classés chronologiquement dans l’ordre de mes lectures. Le premier j’avais onze ans, le dernier 33.
Une sorte d’album souvenir de mes voyages en littérature, dans ces histoires où je me suis plu à retourner.
Le Robinson du métro de Felice Holman
L’Enchanteur de René Barjavel
Les Trois mousquetaires de Alexandre Dumas
. Le parfum de Patrick Süskind
Bel-Ami de Guy de Maupassant
Bérénice de Jean Racine
Tao tö king de Lao-tseu
Vendredi, ou, Les limbes du Pacifique de Michel Tournier
Cent Ans de Solitude de Garbriel Garcia Marquez
Les Illusions perdues d’Honoré de Balzac
Siddhartha de Hermann Hesse
Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline
Balzac, le roman de sa vie de Stéfan Zweig
Belle du Seigneur d’Albert Cohen
Dressez haut la poutre maîtresse, charpentiers ; suivi de : Seymour, une introduction de Jérôme David Salinger
Comme un roman de Daniel Pennac
Particules Elementaires de Michel Houellebecq
Cycle F ondation de Isaac Asimov








